lundi 6 avril 2020
dimanche 5 avril 2020
Paris Violence - Série noire
[Couplet 1]
J’avançais fin bourré
depuis la rue de Rennes
La nuque bien rasée et du
scotch plein les veines
Lorgnant à tout hasard en
direction d’Assas
Dans l’improbable espoir
qu’un 83 passe
[Refrain]
Il fut un temps maudit où
pour noyer mes peines
J’avalais chaque nuit
quatre bouteilles pleines
Réveils bien difficiles
où le café trop noir
Se mélangeait fébrile au
vieux blanc-sec du soir
[Couplet 2]
J’avançais fin bourré
dans les rues du 5°
Saint-Michel titubait et
mon âme de même
De bistro en bistro, de
canon en canon
Ramené à bon port porté
par le patron
[Refrain]
Il fut un temps bien moche
où pour noyer mon spleen
J’ai fait pleurer des
proches, perdu des copines
Il fut un temps perdu où
me vint un penchant
Pour les nuits en cellule
de dégrisement
[Couplet 3]
J’ai déambulé rond le
long des Gobelins
Fiasque dans le veston et
Huysmans dans la main
Taxant les vieux amis un
peu las de me voir
Pour m’avancer le prix
d’un train en wagon-bar
[Refrain]
Il fut un temps maudit où
mes membres tremblaient
Je payais à crédit tous
les bars du quartier
[Couplet 4]
Je traînais parfois vers
la morgue
Le long du Quai de la
Râpée
Faisant ronfler les
grandes orgues
Dans ma cervelle détraquée
Rêvant tiroirs numérotés
Où la vodka serait au
frais
samedi 4 avril 2020
Paris Violence - Notre dame des fous
[Couplet 1]
Vierge un peu espagnole,
au visage blafard
Aux yeux clairs éperdus,
azur brûlant l’ivoire
Vous bercez, moitié
triste et moitié terrifiée
La sainteté étrange d’un
Jésus mort-né
Votre châle se perd en
longs plis de satin
Pourpre moirée d’ébène
aux froissements sanguins
Dans la pénombre humide
des vieux oratoires
Le sifflement du vent pour
unique offertoire
[Refrain]
Notre-Dame des fous
Mère des sept douleurs
Grande Madone en pleurs
Ce soir, priez pour nous
[Couplet 2]
Vous êtes l’ombre noire
qui, au soir tombant
Quand le dernier soldat a
regagné le camp
Bénit l’horrible
moisson du champ de bataille
Apaise les mourants aux
béantes entrailles
Et clôt les yeux des
morts qui pourrissent déjà
Implacable compagne des
brutaux trépas
Sereine, agenouillée dans
la boue des carnages
Vous priez sous les ciels
déjà chargés d’orage
[Refrain]
Notre-Dame des peines
Mère des sept souffrances
Pardonnez nos offenses
Et chez nous soyez Reine
[Couplet 3]
Vous êtes la chandelle au
chevet du vieillard
Qui crève lentement,
imbécile et hagard
Dans un morne hôpital
sinistre et solitaire
Et ne sait trop s’il
doit appeler l’infirmière
Vous êtes la voix douce
et feutrée qui murmure
À l’oreille du
prisonnier que l’on torture
« bientôt mon cher
enfant prendra fin le supplice »
Et lui, dans un hoquet,
hurle : « ora pro nobis ! »
[Refrain]
Notre-Dame des gouffres
Mère des agonies
Soyez l’astre qui luit
Dans l’œil de ceux qui
souffrent
[Couplet 4]
Reine des aliénés, reine
des cauchemars
Des asiles déserts, des
morgues, des mouroirs
Des réveils en sueur au
milieu de la nuit
Des angoisses, des peurs
et des neurasthénies
Des fantasmes malsains,
des larves chimériques
Des blasphèmes criés en
langage hystérique
[Outro]
Priez pour nous ! Priez
pour nous ! Priez pour nous !
vendredi 3 avril 2020
Paris Violence - Encore un siècle ou deux
[Couplet 1]
Comment quitter ce vieux
réflexe
Ou mieux encore qu’il
nous quitte
Qui nous fait accepter
perplexes
Ce avec quoi l’on
cohabite
Cette excroissance
anormale
Cette moitié cannibale
Cet insoluble problème
Qui n’est autre que
nous-mêmes
[Refrain]
Encore un siècle ou deux
Et tout ira bien mieux
Quand nous serons réduits
À un tas de débris
[Couplet 2]
On court dans les rues
sous l’orage
Pour fuir cette ombre de
malheur
Les yeux fiévreux, le
front en nage
Et un œuf de plomb sur le
cœur
Une lourdeur encombrante
Aux airs de pieuvre géante
Monstre vorace et infâme
Qui n’est autre que
notre âme
[Refrain]
Encore deux siècles ou
trois
Pour oublier tout ça
Nous sourirons sous terre
De nos quelques poussières
[Couplet 3]
Notre-Dame hérisse ses
flèches
Sous les cieux chargés
d’ouragans
Au fond de nos poitrines
sèches
Nos nerfs suivent le
mouvement
Risible paratonnerre
Quand c’est sous nous
qu’est l’enfer
L’antre aux tourments
infinis
Qui n’est autre que la
vie
[Refrain]
Encore un millénaire
Et la plus dure pierre
Aura bien effacé
Nos noms immérités
jeudi 2 avril 2020
Paris Violence - Jusqu'à la lie
[Couplet 1]
J’ai voulu me fuir dans
l’alcool
Je n’ai fait que me
retrouver
Encore plus pâle et
déglingué
Que dans mes pires
cauchemars
J’étais plutôt bon
dans le rôle
Du collectionneur de
névroses
Mais à considérer la
chose
C’est un succès bien
dérisoire
[Couplet 2]
J’ai cherché dans
l’ivresse
À fondre en un seul vase
bonheur et détresse
J’ai cherché dans
l’extase
La tangence improbable
De Dieu et du Diable
J’ai traîné mon ennui
au milieu des partouzes
Me suis saoulé de spleen
pour chasser d’autres blues
[Pont]
Et j’ai vidé verre sur
verre
Sur tous les comptoirs de
l’enfer
[Couplet 3]
Alors j’ai été voir
ailleurs
Mais les Eden sur
ordonnance
Donnaient de bien livides
transes
Et de bien terribles
réveils
Je tombais à ma grande
horreur
Toujours nez à nez sur
moi-même
Encore plus triste, encor
plus blême
Et désespérément pareil
[Couplet 4]
J’ai erré dans Paris
À Montmartre en avril, à
Pigalle en octobre
De whisky en whisky
Et certains soirs d’exil,
j’ai juré d’être sobre
J’ai traîné mon ennui
dans des bouges atroces
De cinémas de cul en culs
de basse-fosse
[Pont]
Voulant boire jusqu’à
la lie
L’affreuse liqueur de la
vie
[Couplet 5]
J’ai fait encor quelques
détours
Se mentir est chose facile
On tape toujours dans le
mille
À vouloir jouer au plus
con
Mais les plaisirs dans le
velours
Et les trucs les plus
dégueulasses
Épuisent vite et vite
lassent
Et l’on revient à ses
moutons
[Couplet 6]
J’ai cherché dans
l’horreur
À apaiser la peur en me
grisant de peur
J’ai cherché dans la
gnose
À comprendre le vide et
ses anamorphoses
J’ai traîné mon ennui
sur les bords de la Seine
Relu les décadents chez
les vieux bouquinistes
Attendant qu’un beau
jour par un trop-plein de peine
Je brise toute chaîne en
hurlant que j’existe
[Outro]
De mon cor je me suis
saisi
Et enfin sonné l’hallali
Comme un Roland sans
Roncevaux
Je suis reparti à
l’assaut
mercredi 1 avril 2020
mardi 31 mars 2020
lundi 30 mars 2020
dimanche 29 mars 2020
Paris Violence - Baroud d'honneur
Général en déroute
lâché par ses hommes
Ou soldat abandonné par
son chef
Souverain trahi dépossédé
de son trône
Décidé à reconquérir
son fief
Défenseur malchanceux
d’une place assiégée
Qui va tomber sous la
prochaine attaque
Rassemblant malgré tout
ses plus braves guerriers
Pour une sortie vouée au
massacre
Ennemi trop public traqué
dans son repaire
Cerné de toutes parts par
les condés
Vidant tous ses chargeurs
par une meurtrière
De sacs de sable ou de
volets blindés
Hurlement des sirènes et
des porte-voix
Un bras blessé et plus de
munitions
Seule une chose est sûre
il ne se rendra pas
Mais se paiera peut-être
un beau carton
Ultime survivant d’un
régime déchu
Balayé par une révolution
Il sait qu’à son procès
il sera entendu
Du seul peloton
d’exécution
Cambronne résistant dans
le dernier carré
Combattant seul adossé au
drapeau
Instigateur trahi d’un
complot déjoué
L’action immédiate ou
bien l’échafaud
samedi 28 mars 2020
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